mardi 25 mars 2014







Depuis six mois, depuis mon retour de Tanger, je ne photographie pas, ou peu ; "les gens heureux n'ont pas d'histoire", et pourtant, il y a le besoin viscéral de photographier, inexplicable, juste le sens évident, le besoin vital, même heureuse, un cri reste enfermé et les chiens doivent hurler. Alors, pour être en accord, photographier, assembler, raconter l'intime, ce que j'ai, pour la première fois, voulu protéger, parce que c'était peut-être plus profond, plus fort, plus heureux, plus entier, je ne sais pas pourquoi, mais l'écrire, le donner parce que sans la photographie, comment être en accord avec soi ? Comment être complet, entier, vivant, debout ? Donner les images par deux, les assembler en diptyque, peut-être parfois en triptyque, c'est toujours donner à voir l'image qui n'existe pas, la troisième image, celle qui appartient à chacun, la photographie dans la vie de chacun. Ecrire "du bout des doigts, le bruit de la pluie", accepter l'évidence, essayer, encore, toujours, de livrer l'indicible.

lundi 17 juin 2013


Tanger-Nice, correspondance(s) est fini, demain, les pages seront sèches, il sera monté, collé
il ne m'appartient plus 
Je suis allée fêter ça, dans la solitude heureuse du photographe, manger un big tasty assise au bord de l'eau, boire un café à la villa Joséphine
de la vieille montagne, j'ai regardé la pluie tomber sur le détroit, et j'ai pleuré


mercredi 10 avril 2013

"Tanger-Nice, correspondance(s)", work in progress






"Tanger-Nice, correspondance(s)", la maquette, les correspondances d'images se font, peu à peu, en moi
j'ai décidé de me donner davantage de temps, nous repoussons la sortie au premier jour de l'été, j'aime ça, l'idée de fêter l'été avec e"l."le
se prenant au jeu, e"l." se met à m'écrire en image(s), je décide d'intégrer certaines photographies à mon livre, d'y répondre par écrit, en marge, mon écriture, ce que ces images m'inspirent
la correspondance prend une autre dimension, non prévue
j'aime cette idée

jeudi 21 mars 2013

Tanger-Nice, correspondance(s)



j'aurais mis un an à "écrire" à Tanger,  tout va bien...
une année pour tourner une page, finir une histoire, dire adieu

Tanger-Nice, correspondance(s) se fait dans un souffle, en deux mois
seul regret, sans doute, que ce livre soit en noir et blanc
je relis mes textes, raye, corrige
mercredi, je serai à Tanger, mercredi je vois Elena et Gustave qui attendent mes photographies, mes textes
je suis heureuse avec
angoissée avec
entre-deux, toujours...

mardi 5 mars 2013

Tanger-Nice, correspondance(s)


les photographies s'imposent, se mettent en place, le livre s'écrit seul
les correspondances s'instaurent, sans contrôle
dans une sorte d'évidence et de joie

mercredi 13 février 2013

Tanger-Nice, correspondance(s) ?



Elena et Gustave aiment "à Tanger tout va bien..."
ils me demandent de faire un livre pour leur maison d'édition
ils aiment particulièrement la fragilité de mes arbres, les palmiers dans le vent de Tanger
je traverse la belle bleue, partout, encore, des palmiers
alors, je leur propose une correspondance amoureuse
entre la ville que j'ai choisie et celle où j'ai choisi l'amour, 
des arbres, qui d'un continent à l'autre, 
d'une rive à l'autre,
se parleraient, correspondraient

mardi 15 janvier 2013

je cherche quelle serait la première photographie de cette histoire là
je sais qu'il y a un avant
un après
que j'ai recommencé à photographier la vie, ma vie
comme un acteur
pas un témoin
la première photographie, instinctivement, je la sais
j'ignore celles qui suivent
je sais qu'elles sont déjà en moi
mais que tu ne me les a pas encore données
je sais que l'écriture est de nouveau en mouvement

jeudi 3 janvier 2013


millimètres ultimes...
aucune modification de fond
ah, si la fin...
les fins, souvent peuvent changer...
ici, il n'y aura plus aucune attente, 
seule, la route, bleue, 
l'attente est finie,
la page est tournée...
la mémoire peut succéder à l'oubli
"à Tanger, tout va bien... (notes pour mes absents)"

lundi 17 décembre 2012


j'écris une demande de bourse pour "territoire(s) et interstice(s)"
et je me rends compte qu'il s'agit souvent de la même chose ;
que ce soit l'attenteur, la nuit, je mens, lieux, mémoires et solitudes, voyage en intime
il s'agit toujours de la même histoire
il s'agit de parler de l'entre-deux
il s'agit de se questionner en permanence sur le lieu habitable
entre-deux temps
entre-deux mouvements,
entre-deux sentiments
entre-deux lieux
entre la vie et la mort
il s'agit toujours de questionner cette zone de l'impermanence
des hors-zones, des fractures

vendredi 14 décembre 2012


aujourd'hui, j'ai cinq ans
aujourd'hui, je travaille avec la maquettiste de mon livre
j'ai numéroté le carnet vide, la place des photos, à peu près
et sous mon regard, le livre naît sur l'écran
c'est une jubilation
une immense joie
et puis c'est une douleur
la douleur que j'ai vécu en le faisant, pendant plusieurs moi(s)
la douleur qui existe quand on voit, avant d'avoir pu oublier,
pour ensuite pouvoir se souvenir

jeudi 13 décembre 2012



demain, j'ai cinq ans
cinq ans que je fais de la photographie
travaillant à mon site web, je repasse à travers ces cinq années de photographie
et je trouve celle-ci
c'est en fait, pour moi, ma première vraie photographie
cadrée, déclenché, dans l'idée de la construction de quelque chose
mes photographies, longtemps, ont été accompagnées de phrases, de titres
celle-ci s'appelait : ... et tu as marché vers moi comme l'on danse pour déposer devant mes yeux énamourés un rêve silencieux


mercredi 12 décembre 2012




venir ici, pour moi
c'est me retrouver
surtout, ne pas effacer ce qui depuis un an m'a éloigné
m'a tiré vers le bas

affranchie, enfin
dans la tristesse et la joie mêlées

au contraire,

y trouver la matière, la vérité, les sensations de la photographie
revenir à l'essentiel
à l'urgence
à ce qui compte vraiment
le travail
les photographies (beaucoup aujourd'hui)
revenir à soi
pas dans l'ego
dans le "je" dont parle Duras
aller vers l'essence

et faire cette photographie
qui colle tant à guibert
pudeur, impudeur
"la lumière, à l'envers, à l'endroit... le trou de la serrure"


mardi 28 août 2012

un morceau de terre, perdu dans l'océan












debout sur la falaise, je regarde vers le sud
là-bas, il n'y a que l'eau, à perte de vue
loin, très loin, il n'y a plus que la glace pour arrêter le regard
 
revenir sur cette île,
c'est un travail autour de ça
des paysages
des saisons
des nuages
de la contemplation

en 6x6
ou 6x7
ou à la chambre si je pouvais

un travail inscrit dans la lenteur
des cadres très soignés
le temps qui passe

vendredi 13 juillet 2012








je commence une série, une recherche
les non-lieux, fractures, ruptures, les terrains vagues dans la ville, que sont-ils?
des respirations, des libertés, un chaos ?
ils ponctuent Tanger comme ils ponctuent Montréal
les donner à voir, tenter de leur donner une autre dimension, les réinventer

dimanche 13 mai 2012



Je termine avec cette série, " habiter... "
le banal
le quotidien
mais aussi le besoin d'écrire avec les images
peut-être davantage pour moi un travail d'auteur que de photographe
ce besoin est venu avec la mise en chantier de "A Tanger, tout va bien...    (notes pour mes absents)"

faire un livre, c'est vraiment se confronter à l'écriture
l'écriture, c'est aujourd'hui ce qui donne le sens pour moi à mon travail de photographe
l'acte artistique m'apparaît de plus en plus comme étant dans le choix des photographies, l' editing, plus que la prise de vues

j'ai le ressenti que c'est là que je peux vraiment montrer mon travail, dans cette confrontation des images

c'est un travail lent, joyeux et parfois douloureux
c'est un chemin intense qui laisse sans doute peu de places à d'autres photographies, à un autre travail



dimanche 8 avril 2012









ce serait un dimanche à paris
gris
peu à peu l'ennui serait venu
et puis comme une tristesse, à peine là
le manque d'elle
et puis cet immense appartement
et ça et là, les traces
les traces de cette présence, ma présence, éphémères
et cette obsession qui revient,
toujours
fixer la vie
exprimer la conscience permanente de la mort

mercredi 29 février 2012

voyage en parkinson









tu es partie
deux jours déjà sans tes sourires et les mots des yeux, ceux que la bouche n'avait plus la force de dire..

je reviens sur les photographies
éditer
trouver celles qui pourront faire sens avec le travail de joanne, peut-être

et il y a toutes ces photographies sur lesquelles tu n'es pas
les photographies des moments sans toi quand tu étais encore à julius richardson
les photographies de l'ennui sous la neige qui, par la fenêtre, tombe
les photographies des cafés sans toi
les photographies des routes vers toi, ou des routes du retour
toutes ces images sur lesquelles tu n'es pas
toutes ces images où tu es hors-champ mais qui n'existent que de toi

tu es là
tu es partout
et pourtant je pleure du manque de ces yeux là

et j'écoute tes émissions, les émissions sur toi, les hommages
et je découvre ce côté là de toi
oui, bien sûr, j'étais venue aprfois en studio écouter tes émissions
je t'ai vue présenter bachibouzouk en public, mais tu étais l'amoureuse de la musique, de l'écriture, de la vie
pas une présentatrice, ou une journaliste, ou une animatrice
je savais cela de toi
mais ce n'était pas cela nous

jeudi 16 février 2012






Prise de vue de la photographie pour "la mujer sola"
ce matériel servira pour le maroc, l'espagne, la france
le metteur en scène et la productrice me font une confiance aveugle
je n'ai jamais travaillé ainsi, couleurs, studio -improvisé au théâtre, il n'y a pas de studio à Tanger-, mise en scène, moyen format
j'ai un trac terrible
peu à peu tout se met en place, maquillage, décor, choix des vêtements

je choisis mon cadre, fais ma balance des blancs et puis j'oublie tout, je déclenche, et la magie opère

quelques heures plus tard, la photo choisie est une évidence pour nous trois...

mardi 14 février 2012




une citation lue, plus exactement un lien publié sur un article de wikipedia me fait penser à cette photographie et au texte de barthes qui l'accompagne : "il est des amoureux qui ne se suicident pas : de ce "tunnel" qui suit la rencontre amoureuse, il est possible que je sorte : je revois le jour, soit que je réussisse à donner à l'amour malheureux une issue dialectique (gardant l'amour mais me débarrassant de l'hypnose), soit qu'abandonnant cet amour-là, je me remette en course, cherchant à réitérer, avec d'autres, la rencontre dont je garde l'éblouissement : car elle est de l'ordre du "premier plaisir" et je n'ai de cesse qu'elle ne revienne : j'affirme l'affirmation, je recommence sans répéter

(la rencontre irradie ; plus tard, dans le souvenir, le sujet ne fera qu'un moment des trois moments de la course amoureuse ; il parlera du "tunnel éblouissant de l'amour")

cette photographie a trois ans, je le vois, je le lis, je ne m'en souviens plus
et pourtant cette photographie est aujourd'hui, hier, demain

je me rends compte à quel point ma photographie n'est jamais pour moi reliée à un moment mais à un état
hier, on me demande qui est la personne sur la photographie du nu dans ma chambre ; et je réponds que cela n'a pas d'importance
que pour moi, cette photographie n'est pas un moment, ou une personne, mais un état intérieur, un état personnel


 
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